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La confiance... une valeur fondamentale. On a souvent du mal à se l'accorder à soi-même alors quand il s'agit de la donner à quelqu'un, on y va par tâtonnement. Mon sens de l'observation est un sixième sens qui se révèle être très pratique pour ne pas donner sa confiance à n'importe qui. 

En règle générale, il faut du temps pour se confier, mais il y a des êtres qui passent le test sans grandes difficultés, et en qui, nous avons confiance dès la première rencontre. Quelquefois, notre intuition est bonne mais parfois on s'est complètement fait berner par un visage d'ange. 

Je ne suis pas rancunière, mais quand la confiance est perdue, qu'on est sans cesse déçue, il est très difficile de laisser d'autres chances à cette qualité importante.

La confiance est un état d'esprit qui n'est pas donné à tout le monde.
L'éducation que j'ai reçue, y est beaucoup dans ce trait de caractère.
Je n'aime pas les sujets tabous, les non-dits, les mensonges, les sous-entendus...
J'aime les gens à qui on peut tout confier, ceux qui peuvent tout entendre, ceux qui ne jugent pas.

L'écoute va de pair et je recueille souvent les petites confidences de mes proches, parfois, j'aimerais bien être une personne moins fiable, car il y a des secrets compliqués à garder, enfermés à double tour, puisqu'ils ne sont pas faits pour être partagés.

Je ne savais pas quel thème allait accompagner mes mots, et voilà, qu'une personne à livrer ses maux comme on jette un pavé dans la mare. Abasourdie, dans un premier temps, de découvrir cette facette si bien cachée jusqu'à maintenant, on encaisse les coups de ses mots lourds de conséquences et on cherche les nôtres pour amortir la chute qu'on vient de subir.
Une parole rassurante, peut rapidement changer le cours d'une existence. Je me raccroche à cette idée. Mais il ne faut pas louper le coche quand l'occasion se présente. Les mots, une fois prononcés, on ne peut pas les effacer.

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Il me regardait d'un air hésitant, de ses yeux qui s'étaient voilés de tristesse. Interloquée, je lui avais demandé s'il allait bien. Le lieu ne prêtait pas aux confidences pourtant c'est ce moment qu'il avait choisi pour se libérer d'un mal-être. Avant de m'expliquer son problème, je l'avais mis à l'aise de mes mots rassurants. J'aimais bien jouer ce rôle. Je lui tendais la main et lui, me souriait timidement.

J'aimais son sourire, j'adorais son rire. Ils étaient tellement communicatifs. Quand ses douces fossettes se dévoilaient, j'avais l'impression d'appuyer sur un bouton stop et j'en prenais plein la vue. Pourtant, le temps passait vite avec lui. J'avais hâte de le retrouver après une semaine d'absence mais à peine je le voyais qu'on devait déjà se quitter.

Nos retrouvailles se voulaient intenses, on profitait pleinement de l'instant présent. La distance était l'ennemie de notre couple et même quand il était là, à mes côtés, il me manquait encore. C'était une drôle de sensation, du moins, au début de notre relation.

Le moment de notre séparation, chaque dimanche soir, était un crève cœur. On était ensemble depuis peu, mais le degré de dépendance était déjà à un niveau très élevé.

C'était plus fort que moi, ça ! Tout le monde, savait que l'attachement ça faisait souffrir. J'avais lutté de toutes mes forces pour que ça n'arrive pas, ma tête était en totale opposition avec mon cœur. Il était marqué au fer rouge dessus...

Il était tellement différent des autres hommes que j'avais connus dans le passé. Doux, romantique, un brin rêveur, idéaliste... C'était p'tet ça le souci ? Je l'avais peut-être trop idéalisé, je m'étais imaginée ce que je voulais qu'il soit. Ainsi, j'avais fait confiance à une âme créée de toutes pièces.

Il était sans cesse dans mes pensées. Tout se rapportait à lui. J'entendais son prénom partout. On s'échangeait des textos pour se raconter nos journées et nos nuits, on était devenue accro l'un à l'autre, enfin, ça c'est ce que je croyais car tout avait changé depuis sa révélation. La confiance que je lui avais portée, s'était envolée.

Après 6 mois de relation, il m'avait avoué que je n'avais été qu'une jolie parenthèse dans sa vie, qu'il s'était un peu servi de moi pour se cacher son petit secret, il s'était voilé la face.

On s'était rencontré par hasard, par texto.
Un mercredi de septembre, j'avais reçu un SMS, signé Maxence. Ne connaissant pas le destinataire, je lui avais tout simplement répondu que le message n'avait pas dû trouver le bon téléphone. Après une réponse cordiale de sa part, on avait continué les échanges. Ce n'était pas anodin comme rencontre mais ça avait le don d'être originale.

Après quelques jours de communication, on s'était échangés nos photos. Il était plutôt à son avantage sur la sienne mais je ne perdais pas en tête qu'une seule et unique photo ne voulait pas dire grand-chose.

On habitait à 200 km, l'un de l'autre. Sur un coup de tête, on avait décidé de se rencontrer le week-end suivant à mi-chemin. C'était de la folie, on se connaissait même pas, qui sait qui aurait pu se cacher derrière un numéro et un bogosse en photo.

Mais je ne voulais pas penser au pire, dans la vie il faut apprendre à prendre des risques. Peut-être que c'était lui mon âme sœur.

On s'était donné rendez-vous dans un parc bondé (ne pas perdre en tête le serial killer ! ) mais qui laissait place à l'intimité. Notre rencontre physique restera pour toujours dans ma mémoire. À peine sortie de la voiture, Maxence m'avait averti de son arrivée par un message. À la fois, excitée et stressée, c'est d'un pas peu assuré que je m’étais dirigée vers lui.

Je ne savais pas vraiment si j'étais déjà amoureuse de lui à ce moment-là, ce qui était sûr c'est que j'aimais le lien qu'on s'était créé, il était toujours disponible pour une discussion téléphonique, et un simple mot de sa part me faisait sourire. Mes pensées divaguaient toujours vers lui, un rien me transportait ailleurs. C'était assez cocasse quand on me parlait d'un sujet sérieux qui ne prêtait pas à la risette et que je ne pouvais pas m'en empêcher.

Quand j'étais arrivée à l'entrée, il était de dos, je ne l'avais pas reconnu, le cherchant partout, il s'était retourné et c'est là que nos regards s'étaient croisées. J'en avais eu le souffle coupé. Le soleil d'automne avait rendu ses yeux d'un bleu transparent. Plus rien ne comptait autour, je ne voyais même plus le ballet des oiseaux qui nous observaient de leurs hauteurs. On s'était regardé quelques secondes, un peu décontenancé, avant de s'approcher l'un de l'autre et de se dire bonjour. On avait passé l'après-midi à se connaître et en fin de journée, au moment de se dire au revoir, nos lèvres s'étaient trouvées.

Depuis, on se voyait tous les week-ends. À chaque fois, c'était lui qui venait me rejoindre, il prétextait ne pas vouloir m'embêter avec les trajets. J'avais trouvé cette démarche très gentleman. Jamais, je n'aurais imaginée la vraie raison qu'il me cachait derrière. Il me disait sans cesse que malgré les kilomètres, un vendredi, il viendrait me chercher, et qu'on reprendrait la route pour aller chez lui, sa famille était pressée de me rencontrer.

Baliverne ! Ce soir-là, au restaurant, il me quitta. En m'avouant, en prime, qu'il ne se sentait pas à l'aise avec la gent féminine, son truc à lui, c'était plutôt les hommes. J'en étais restée bouche bée, comme quoi, il m'avait étonné, jusqu'à nos dernières minutes échangées.

Je me suis sentie humiliée, j'avais été une vulgaire expérience pour lui. Il avait toujours connu les hommes, tout le monde dans son entourage était au courant, bien sûr, de nous, il avait omis d'en parler. Je n'avais pas compté pour lui. J'étais juste un essai qui n'avait pas été concluant. Ma fierté en avait pris un sacré coup, malgré tout, devant lui je faisais preuve de bonne foi, j'argumentais pour essayer de comprendre le pourquoi du comment. En vain, c'était fini.

Dehors, la neige était apparue, les flocons se déposaient doucement sur moi comme si ils se voulaient témoin de mon malheur.
Ce soir-là, j'ai laissé les étoiles glacées trouver le chemin de mon prochain bonheur...

 

 

Christina Perri - Human traduction française

 

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